Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 20:00



C'est le coeur bondissant de joie et les oreilles frétillantes de plaisir que je m'en suis allé (station)mirer le dernier Star Trek. Sur la route, une voix profonde se rappelait à moi :

« Espace...

Frontière de l'infini vers laquelle voyage notre vaisseau spatial...

Sa mission : explorer de nouveaux mondes, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations...

Et au mépris du danger : avancer vers l'inconnu... »

Chemin faisant, je repensais avec nostalgie à mes jeunes années, lorsque je consommais au-delà du raisonnable les épisodes de la série originelle, alors complaisamment diffusés par feu la Cinq, la chaîne qui adorait les extra-terrestres (Jean-Claude bourré Bourret, si tu me lis...). A cette époque le débat faisait rage dans les cours d'école entre les partisans de Star Wars et ceux de Star Trek, débat qui n'était pas sans rappeler celui qui oppose la Science et la Religion ou, plus sérieusement, les tenants des Beatles à ceux des Rolling Stones.

Pour ma part, ledit débat était stérile comme la planète Tatooine : j'aimais les deux et n'ai jamais pu réellement trancher entre les mystiques en kimonos et la pyjama-party de l'espace à bord d'un vaisseau en forme de poêle à frire.


Si j'ai, je l'avoue, quelque peu décroché des multiples avatars de la série, je suis resté fidèle aux dix rejetons sortis au cinéma. Avec, malheureusement, une consternation grandissante. Nonobstant le charismatique commandant Picard (qui, malgré son patronyme, n'était pas un con gelé), force m'est de reconnaître que le dernier, Star Trek Nemesis, était à peu près aussi passionnant qu'un livre de Michel Houellebecq.

Bref, dans mon coeur, le filon Star Trek s'était tragiquement tari.

(Je vous laisse trois secondes pour goûter la figure de style.)

Mais c'était sans compter sur le sens commercial créatif des producteurs états-uniens. Et quelle ne fut pas ma surprise de voir naître Yoda, il y a quelques temps, une jolie bande-annonce qui nous promettait une résurrection du mythe, avec les costumes ridicules, les oreilles pointues, les aliens pittoresques, les dialogues impénétrables (comme par exemple « Je note des variations dans le réseau propulseur » ou « Il faut percer un refroidisseur de plasma ! ») et tout le toutim Burton ! C'était un miracle (les fonds de tiroir).


Bah, le miracle s'est un peu transformé en prout de l'espace. Et si, dans l'espace, c'est bien connu, personne ne vous entend crier, j'ai dû me retenir de pousser des hurlements de chien à demi écrasé qui auraient largement surpassé les nombreuses explosions et l'énervante musique du film.

Qu'est-ce que c'est que cette ratatouille intergalactique qu'on a voulu nous vendre là ?!!

A ma gauche des gothiques grotesques – les vilains, forcément – qui, comme d'habitude, se prennent pour Attila le Hut Hun alors que, franchement, quand on navigue à bord d'un calmar de l'espace, on ne devrait pas trop la ramener. Et alors, quand ledit mollusque se transforme en marteau-piqueur géant, on se dit que les scénaristes ont décidé de parodier Mel Brooks et sa Folle histoire de l'espace. Mais non, pas du tout, c'est très sérieux, et face à cette terrifiante menace l'Univers ne peut compter que sur une bande de marmots à peine sortis des jupes de leur mère ! Oui, c'est bien la version prépubère des Kirk, Spock et compagnie qui se retrouve aux commandes de l'Enterprise. Mais bien sûr ! Tant qu'à dépoussiérer le mythe, autant revenir au berceau ! Du coup, tout ce petit monde se comporte comme s'il était revenu au collège. En même temps, on ne peut pas trop lui en vouloir, vu qu'on a honteusement rajouté des relations inutiles qui parasitent le récit. Un Spock qui baise ! Non mais franchement, on aura tout vu ! Tout le... euh... « charme » du personnage résidait justement dans cette « distance » qu'il entretenait avec ses homologues humains. Là : peau d'zob ! Spock, beaucoup trop mis en avant, devient une tête à claques. D'ailleurs, c'est curieux, l'acteur qui joue Kirk s'appelle Chris Pine, mais c'est celui qui joue Spock qui a une tête de gland.

Et puis comme on n'est pas à une aberration près, on nous ressort le vieux Spock qui se demande visiblement ce qu'il est venu faire dans cette galère interstellaire, à part balancer les phrases cultes de la série pour rassurer les fans et justifier les invraisemblances du scénario.

A l'inverse, comment pardonner à un film qui emploie aussi mal la lumineuse Winona Ryder ? Pfff... Navrant.


Il faudrait qu'Hollywood cesse une bonne fois pour toute de vouloir « dépoussiérer » les franchises qui ont fait sa gloire. Quand on voit le lamentable gâchis du pathétique Casino Royale, il y a de quoi se dire que perséverer dans cette voie est vraiment l'oeuvre du diable. Que peut-on donc attendre de la suite qui ne manquera pas d'être donnée à ce Star Trek ? "Kirky et Spocky vont au lycée" ?


Allez, longue vie et prospérité quand même...

Par Le Comédien - Publié dans : Pellicules et médisances - Communauté : Dessins d'actu
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